Le Tiroir à Bricoles.

La bouche.

J’ai soudain eu envie de lui lécher les dents… Elle avait des dents si blanches ! De cette blancheur lactée si brillante et veloutée à la fois. Et puis cette bouche d’un rose si pâle et dont chaque lèvre était ourlée si finement de cette arrête à ce point aiguë qu’elle amplifiait encore leur aspect doux, soyeux, tendre et sucré. Elles avaient la couleur exacte d’un chewing-gum mâché. Elles en avaient presque la consistance. Lorsqu’elle parlait, deux légères faussettes se creusaient de part et d’autre de cette bouche somptueuse, et lorsqu’elle se taisait ses lèvres de fronçaient d’une façon presque imperceptible au rythme de ses pensées. Et, si vous aviez de la chance, comble de volupté, vous pouviez parfois voir sortir sa langue qui venait furtivement humecter ces deux joyaux merveilleux.
Elle n’était pas à proprement parler une beauté. Son visage était plutôt rond et l’on sentait que ses cheveux n’étaient l’objet d’aucun soin minutieux. Sa peau trahissait de la fatigue et son maquillage était accessoire et rapide. L’ensemble de son corps n’avait rien de remarquable ou quoi que ce soit qui puisse retenir un regard. Sans être laide elle était simplement commune, charmante mais commune. Mais cette bouche… À qui savait la voir, posée comme une pierre précieuse sur cette personne quelconque. Cette bouche était un trésor qu’on avait immédiatement envie de posséder, de toucher, de goûter, de regarder sans fin. Cette bouche était si belle que sa vue seule soulageait un instant tout vos maux, jusqu’à la vie même…

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Un immense merci à Jüne d’avoir accepté de dessiner cette sulfureuse bouche rien que pour moi !!

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