Le Tiroir à Bricoles.

Commencer

Voici des années que je cherche la porte d’entrée vers l’écriture, avec de petits textes, pensées, petits récits, sensations, je n’ai jamais trouvé le moyen de commencer un grand texte. C’est dans ma chambre d’enfance, à 40 ans que j’ai compris par où je devais commencer… Par le début.

 

Quatre murs blancs.

Voilà le début. Ma Maison. Quatre murs blancs. Un sol et un plafond blancs. Me voici au milieu de ce cube de vide pour tout commencer.

Pour écrire, il me faudra revenir dans cet endroit, à chaque fois: ma tanière, elle se transformera avec moi au fil des lignes.

Une maison secrète et connue de tous. Une maison vide et pleine comme un oeuf.

Une maison où je serai seul, avec moi, mon histoire, mes histoires.

Il n’y a pas encore d’intérieur et d’extérieur, il n’y a rien dedans et rien dehors. Je suis la seule différence au vide. Alors même ces murs sont superflus. Mais puisqu’il faut un début, ce sera ces quatre murs.

J’entends déjà quelqu’un dire « ça y est il se prend pour Dieu… ».

C’est pas con…

La création…

Au début il n’y avait rien…

Ce n’est pas rien quatre murs ! Qui a déjà construit quatre murs ? J’en connais, mais moi je suis bien incapable de construire quatre murs de pierres, de briques ou de parpaings… En revanche,  je suis capable de vous parler des miens, leur hauteur, leur texture, même leur parfum. La manière dont le soleil les réchauffe, ou comment ils tremblent ou vibrent sous le vent glacé de l’hiver, comment ils laissent passer les roucoulements des pigeons certains matins de printemps ou comment ils sentent le bois chaud certains soirs d’été.

De plus, mes murs à moi peuvent changer de taille et de matière à volonté. Chaque porte et chaque fenêtre peut ouvrir sur n’importe quelle rue ou jardin. Je peux ouvrir mes volets sur la mer un matin et le lendemain sur un souk, une rue sous la pluie ou une forêt…

Voilà où je suis. Debout. Au milieu du vide, au milieu du plein.

Je n’ai ni chaud ni froid dans ce cube blanc sans porte ni fenêtre…

Je ne me sens ni mal ni bien dans cette boite de papier lumineux.

Je suis en équilibre.

Peut être suis-je mort ?

Mon regard se perd sur le sol vide.

Et là, à un pas, une poussière.

Le début de mon Univers.

(à suivre).

 

(Un immense merci à Caroline Ruth d’avoir accepté le challenge d’assortir ses pinceaux à ma plume afin d’illustrer, aux couleurs de son univers, quelques-uns des textes de cette série !)

 

 

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