Le Tiroir à Bricoles.

L’impératrice.

Comme cela m’est arrivé plusieurs fois, j’ai shazamé un titre craché par ma radio, aimablement offert par FIP, morceau capté au vol, comme cette fille qui passe et tourne au coin de la rue, splendide et inconnue. À quand un Shazam pour les filles ? Qui vous donnerait en un clic la page FB, LinkedIn, à partir d’une photo volée … Je m’égare…
Bref, une chanson sucrée, colorée de teintes fluos et de chromes, mélanges de science fiction rétro et de plages paradisiaques, fusées, palmiers, filles permanentées avec épaulettes et sourires trop rouges, en direct giclées des années 80. Les 80’s, comme un pays lointain, pays de mes premiers fantasmes, vidéos VHS un peu floues et parfums de coco-vanille jusqu’à la nausée.
Cette chanson comme une bouteille à la mer envoyée de là bas, du pays cathodique, bandes magnétiques, télématique. Pin-up de Minitel rose… Re bref, un shoot intra-auriculaire de radio libre un soir d’été chaud dans ma chambre d’ado quasi imberbe…
Je demande à shazam et Shazam me dit  » L’Imperatrice ». BANG BANG ! Un nom comme deux gifles retentissantes, je l’aime déjà, je suis éperdument amoureux de cette voix et de cette manière de prononcer « tropicalllllle » en laissant le bout de la langue collée au palais. Comme une garce qui vous snobe un verre de Malibu à la main dans une boîte de nuit du Touquet… Et qui vous plante là, vous claquant au nez la portière de sa 205 cabriolet, en riant aux éclats. Une paire de claques avec The RAH Band en fond sonore.
L’album 6 titres intitulé « odyssée ». Odyssée spatiale bien entendue, la 205 se change en navette spatiale en direction d’une planète à la végétation luxuriante, une planète-jungle, moitié sauvage et cruelle, moitié splendide et voluptueuse comme celle qui la gouverne. L’impératrice de cette planète qu,on imagine descendre d’un engin spatiale lumineux et fumant, escortée par des gardes extraterrestres imposants et armés jusqu’aux dents d’armes futuristes dont elle caresse lentement et outrageusement les canons en traversant ses troupes.
Cette odyssée nous invite à pénétrer dans le palais de l’impératrice et ses jardins débordants de plantes étranges diffusant des parfums étouffants et torrides. Des esclaves nues sorties de la tête de Daniela Uhlig s’avancent portant des plateaux chargés de mets et de boissons étranges aux saveurs inconnues. Et puis très vite, nous sombrons, voyageurs imprudents et curieux, ivres de parfums et de fatigue intergalactique, allongés dans des mousses végétales soyeuses, nous sommes bientôt rejoints par les esclaves. Leurs chants enivrants accompagnant leurs caresses, nous nous abandonnons, messe de masse organique, qui dodeline et roule sous des râles de suppliques en langues incompréhensibles. D’immenses arbres se penchent et cachent nos ébats mélangés aux yeux des étoiles accrochées dans le vide sidéral.
L’impératrice nous observe du haut de son trône flamboyant. Tandis que des accords de musique synthétique montent du sol faisant vibrer chaque cellule de nos corps désormais enchevêtrés pour les porter en une osmose vibratoire jusqu’au climax général sonnant la fin du voyage et le début du réveil…

L’odyssée disais-je, est splendide et je vous invite à la rejoindre !
Une vidéo live

Sinon vous trouverez l’album un peu partout sur le net !

Je n’aime pas trop les comparaisons mais j’ai tout de suite repensé à une chanson qui m’avait un peu transporté dans le même univers. Le côté spatial en moins… Love Soup de Bon Voyage Organisation

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