Le Tiroir à Bricoles.

Je vous raconte mon rêve …

L’homme belliqueux s’était levé et sa colère le faisait vaciller. Il posa la main sur le dossier de la chaise en bois du bistrot dont les pieds, sous le poids de l’homme et de sa colère, émirent un court grincement aigu sur le carrelage, comme le cri d’une souris qu’on écraserait sous son talon. Puis il y eut un long silence. Le belliqueux fixait l’étranger dans les yeux la bouche entre ouverte. L’étranger leva la main lentement à la hauteur de son visage et lentement il déroula son indexe qu’il tendit vers le plafond. Les yeux du belliqueux alors se mirent à s’agiter parcourant l’espace à la recherche d’un danger ou d’une explication. Puis l’étranger fit pivoter lentement son indexe vers le visage du belliqueux et ce geste, mêlé à l’attitude tellement calme et impassible de l’étranger, le fit bouillir de rage. Il se passa encore quelques secondes pendant lesquelles quelques hommes, sentant la tension à son apogée, reculèrent machinalement et sans bruit d’un pas ou deux, les sourcils froncés comme juste avant une explosion. Puis l’étranger lâcha dans le silence, d’une voix claire et distinctement:  » je parle à l’enfant ! ». Après quelques secondes il répéta la phrase encore plus distinctement, en articulant de manière encore plus appuyée : » JE PARLE À L’ENFANT ! ». Alors le belliqueux pencha la tête légèrement sur le côté, lâcha lentement la chaise et sa main vint attraper le col de sa chemise et il se mît à la triturer doucement. Son regard était différent. L’étranger regarda lentement l’assemblée médusée. Puis il mît la main dans sa poche et en sortit deux pièces de monnaie qu’il posa doucement sur le coin de la petit table en faux marbre. Puis il fit demi tour et sortit lentement du bistrot.

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